Un départ au ralenti, une longue mise en route..
31 octobre 2009: Départ de Bizerte. Nous sommes quatre à bord. Bob et Guillaume ont bien voulu se joindre à moi pour cette traversée hivernale et je suis heureux que mon fils, Edgar, soit aussi du voyage. Content également de quitter ce pays où il me semble avoir perdu beaucoup trop de temps.
31 octobre 2009: Départ de Bizerte. Nous sommes quatre à bord. Bob et Guillaume ont bien voulu se joindre à moi pour cette traversée hivernale et je suis heureux que mon fils, Edgar, soit aussi du voyage. Content également de quitter ce pays où il me semble avoir perdu beaucoup trop de temps.
24h00 pour atteindre la Sardaigne, la charmante petite baie de Villasimius tout d’abord, puis Santa Maria de Navarrese à 2 miles au nord d’Arbatax, puis Golfo Aranci où nous débarquons nos équipiers pour rester seuls, mon fils et moi. Cinq jours tranquilles de cabotage en Corse, puis nous arrivons à l’Ile d’Elbe où nous passons d’excellents moments.
Mi novembre, je me rends, seul, sur Livorno car Edgar est parti sur Paris pour un entretien d’embauche. De cette navigation au mois de novembre en Méditerranée, je retiens qu’il est exclus de naviguer en solitaire sans pilote ou sans régulateur d’allure. Par vent établi et mer formée, il est difficile de quitter la barre pour se pencher sur la table à carte. Tout juste est il possible de ‘’se soulager’’ de temps à autre. Par ailleurs, une timonerie intérieure apporterait beaucoup de confort en hiver. Sans pilote et/ou sans une timonerie bien protégée, la navigation par bonne brise hivernale devient vite un calvaire. Elle est à la portée de tous pendant une douzaine d’heures, mais au-delà, cela devient vraiment dur.
A nouveau, huit jours de mer en duo avec Edgar.
Porquerolles, La Ciotat, Sausset les pins, Port St Louis du Rhône, autant d’endroits que je connais déjà par cœur, mais je ne me lasse pas d’être avec mon fils.
Edgar
Après toute une journée passée dans la brise d’hiver, après qu’une à une, chaque vague ait été négociée, quel bonheur d’être le soir à l’abri, dans la lumière chaude d’une lampe à pétrole.
Décembre, Golfe du Lion. Inutile de garder trop de toile. Au-delà de la force 5, un bateau ne progressera pas plus vite. Mieux vaut réduire rapidement pour ne pas fatiguer le gréement et l’équipage. Il faudra toutefois garder de la puissance si la houle est importante ou si la mer du vent s’oppose à la houle.
Le 6 décembre en début de soirée, nous sommes amarrés à Gruissan. Nous n’avons eu aucun problème technique au cours de ce petit voyage si ce n’est une légère déchirure de la GV que nous avons vite réparée à Port St Louis du Rhône.
Quelques mois s’écoulent à la campagne et puis nous revoilà, fin août 2010, Laura, Laurence et moi-même à bord du Bonaventure. Cette fois, c’est un grand départ.
Nous quittons Gruissan le 20 août à 6h00 du matin dans le brouillard. Premier objectif : Passer le Cap Bear au plus vite tant que les conditions sont bonnes. Connu pour être, avec le Cap Corse, l’un des deux endroits les plus venteux de Méditerranée, le Cap Béar me fait peur. Les conditions peuvent y être très dures. La tramontane y souffle plus de 300 jours par an, avec des pointes régulières à 130 km/h, sans parler des coups de Marin.
Route sans problème sur Cadaquès. Mer agitée jusqu’à Minorque. C’est Laurence qui fait le gros du boulot. Quelques brèves escales, notamment dans la calanque de Covas. L’endroit pourrait être magique mais nous sommes encore au mois d’août…Trop de gens, trop d’immondices et de surcroît, trop de méduses.
Nous longeons ensuite la côte odieusement bétonnée de la Costa Del Sol. Peu de vent et beaucoup de navigation au moteur... Tout ce que j’aime !
Maroc :
Début septembre, nous sommes à Tanger. Plaisir de retrouver cette ville chargée de tant de souvenirs et d’escaliers tortueux. C’est avec un œil attendri que je parcours les ruelles en pente raide qui depuis le port me permettent d’atteindre la place de France. Je rejoins ensuite le ‘’Petit Socco’’ où je m’attarde à une terrasse de café.
Le port de Tanger
Mi septembre, départ de Tanger : Nous avons une mer forte avec 30 noeuds de vent au cap Spartel, cette impressionnante falaise de 300 mètres de haut, lieu de séparation entre la très nerveuse Méditerranée et l’océan Atlantique, plus mûr, plus prévisible. Nous passons avec Yankee seul sur l’avant.
Passé le cap Spartel, la mer sera belle jusqu’à Rabat. Une marina s’est construite sur le Bouregreg entre Rabat et Salé. L’entrée n’est possible que par temps établi. Un pilote vient vous guider si la mer ne déferle pas trop. L’endroit manque de charme, mais nous sommes au pied de la kasbah des Oudaïa, à deux pas de la rue des Consuls, couverte d’un treillis de roseaux. Les filles s’y attardent car jusqu’à la rue Souk-es- Sebat, nous sommes dans le fief des artisans maroquiniers, bijoutiers, marchands de tissus, et autres antiquaires. De l’autre coté du port, se trouve la ville fortifiée de Salé. C’est là que nous faisons nos courses et faisons effectuer quelques travaux (réparation du récepteur radio, travaux de couture etc). Le soir, nous promenons le chien le long du Bouregreg ou sur une petite plage au sud de la rivière, à proximité du cimetière marin parsemé de marabouts.
Nous visitons quelques amis à Casablanca et à Rabat. Laura retrouve Duccio, avec qui elle était à l’école en Tunisie et Ilyes qu’elle avait connu quelques années plus tôt au Maroc. Les parents, aussi, sont contents de se retrouver.
Laurence et moi-même profitons de ce que la météo n’est pas bonne pour retourner à Tanger car le hasard a voulu que nous soyons là pour le Tanjazz festival. Beaucoup de blues cette année !
A Rabat, je fais la connaissance de Magnus , le fils du propriétaire d’Opal, une goélette de 24 m, construite en 1952. Ils sont quatorze jeunes à bord. Ca ne peut pas ne pas me faire rêver.
Nous restons bloqués quelques temps encore à Rabat car, dehors, la mer reste très forte. Laura s’installe chez ses copains à Casablanca et nous en profitons pour nous offrir quelques jours de randonnée dans le Moyen Atlas. Air sain, abondance d’eau. Jardins d’Eden…Retour par la route. Station service du bout du monde, unique point d’ombre dans le désert de pierres. Attente. Chapeau de paille de rigueur. Ambiance western.
La pollution nous attend à Casa, puis c’est de nouveau l’attente d’une fenêtre météo à Rabat. J’ai hâte de retrouver des latitudes plus clémentes.
Passage à Safi, un port comme je les aime, c’est à dire un vrai port de pêche et non une marina-parking. Si vous devez longer la côte marocaine, c’est là qu’il faut vous arrêter. Safi est un port sardinier qui sent bon la sardine. Safi est en outre le centre de fabrication de céramique le plus intéressant du Maroc. Laurence et Laura retourne sur la colline des potiers. Je croise les doigts pour qu’elles ne ramènent pas de la vaisselle à bord.
Nous partons ensuite sur Essaouira, là où le vent chasse les mauvais esprits. Le port de pêche est resté fidèle à lui-même et l’on continue d’y construire d’imposant bateaux de pêche en bois, mais la ville est en train de virer franchement ‘’nouveaux riches’’. On parle d’une future marina qui, à n’en pas douter, tuerait l’âme de la ville.
Essaouira
Essaouira
Canaries :
Mi octobre : Nous sommes enfin aux Canaries. Pendant plusieurs heures, j’ai vu se dessiner, une à une, les îles sur l’horizon. Emouvant…Nous choisissons de mouiller dans la baie del Salado au sud de Graciosa. Magnifique ! Laurence est heureuse, donc moi aussi. Nous nous payons une petite ballade jusqu’au cratère. Je ramasse des fleurs de souffre et autres cailloux.
Dans la nuit, nous sommes rejoints par Bella Ciao, un magnifique catamaran rencontré pour la première fois à Rabat et qui nous avait précédés à Essaouira. Nous retrouvons également Opal, la goélette danoise et son jeune équipage.
Nous repartons au petit matin sur Arrecife et mouillons dans le vieux port.
Mauvais temps sur les Canaries. Les coups de vent se succèdent et la mer est forte. Nous en profitons pour nous offrir une excursion au Timanfaya. J’ai toujours adoré les volcans et je ne suis pas déçu de ce que je vois. Pendant six ans, de 1730 à 1736, des centaines de cratères en éruptions ont recouvert l’île de 8 millions de m3 de lave. On accède au parc national par une route goudronnée à partir de laquelle il est possible de suivre un circuit de 14 kms en autocar. Il est dommage que l’on ne puisse pas mettre le pied à terre, mais la visite n’en est pas moins intéressante.
Le Timanfaya
Las Palmas : Je savais bien que Las Palmas ne serait qu’une station service sur l’autoroute des Caraïbes, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi peu festif. Las Palmas, c’est l’apogée de la plaisance avec l’ARC (Atlantic Rallye for Cruisers) et sa légion de retraités. Le couvre feu est de rigueur. Les journées sont rythmées par quelques ‘’bonjour’’, ‘’hello’’, ‘’Ola’’ de bon aloi. Je m’ennuie. De surcroît, nous avons perdu notre chien d’une façon assez ‘’douteuse’’. Il aurait été ramené à la police qui, après avoir nié qu’une dame le leur ait confié, a fini par reconnaître (la dame avait photographié le chien devant le poste de police) qu’il était bien là, mais, aux dires de ces mêmes policiers, Jetty (c'est le nom de notre chien) se serait échappé. Pas de trace de Jetty à la fourrière. De nombreuses personnes se mobilisent. Cela ne donne rien. La presse taille un short à la police sur une pleine page du journal local.
Comme convenu avant notre départ, nous embarquons des vêtements d’enfants pour l’association ‘’Correos de la mar’’. Les livraisons sont prévues au Sénégal, au Cap Vert et au Brésil. Nous emportons également un gros sac de peluches pour les petits car c'est bientôt Noël.
Constat à fin octobre : Je n’ai toujours pas l’impression d’être vraiment en voyage et j’ai vraiment hâte de repartir !

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