Sept jours de mer pour rejoindre Trinidad. Lorsque les étapes sont trop longues, on finit par vraiment s’ennuyer en mer, même avec une bonne provision de bouquins. Si, de surcroît, les conditions météo ne sont pas excellentes, cela devient usant. Nous avons parcouru 2 500 miles en deux mois, dont plus de 1 600 miles sur le seul mois de mai, début de la saison des pluies qui nous accompagne depuis Salvador. La monture et son cavalier sont fatigués et il est grand temps de s’arrêter.
L’arrivée à Trinidad se fait dans de bonnes conditions. Nous sommes accueillis par des centaines de pélicans dans la ‘’Boca de Monos’’.
A Chaguaramas, l’ambiance est assez ‘’british’’. Nous sommes dans une base logistique presqu’exemplaire, chère, mais les prix sont en grande partie justifiés. Il faut juste faire attention lorsqu’on vous annonce un prix en dollars. S’agit-il de dollars US ou de dollars TT? Selon l’expression de votre visage, le prix peut varier dans un rapport de un pour six. Notre yard jouxte celui de bases logistiques pétrolières, celle de BG avec qui j’ai signé en Tunisie, il y a deux ans, un contrat de trois ans pour le compte de mon ancien employeur; celle de H&P, dont nous avions ‘’rentré’’ le rig quelques temps avant, ou celles de BHP, cette entreprise minière australienne dont j’étais l’agent à Port Gentil. Je les avais revus en Mauritanie, mais ils n’avaient pas besoin de mes services. J’ai également noté la présence de Tidewater dont nous avions les bateaux en agence au Gabon. Je fais la tournée pour voir si je peux trouver du boulot. Peine perdue.
Trinidad fut une colonie britannique jusqu’en 1962 et nous sentons que nous ne sommes plus en Amérique latine. Il ne reste sur la carte marine que quelques signes de la présence française dans cette partie des Antilles (XVIIIème siècle): ‘’Mal d’estomac bay’’, ‘’Morne chaleur’’, ‘’Petit bourg’’.. A Chaguaramas, la population est principalement d’origine africaine ou asiatique (hindous). On y parle quantité de langues différentes, mais c’est un anglais bien créolisé qui s’affiche sur le chantier, ce qui rend bien service à Igor. Du coup, il nous est, à priori, plus facile d’entrer en relation avec les ouvriers ou les gardes que de côtoyer d’autres navigateurs. C’est ‘’Yeah Man’’ pour Igor, et ‘’Hi Father’’, pour moi…Nous faisons toutefois la rencontre de Gérard, skipper méticuleux et d’une grande gentillesse. Nous passons deux ou trois bonnes soirées ensemble.. A cela s’ajoutent quelques retrouvailles assez brèves : L’équipage de Bella Chiao que nous n’avions pas revu depuis les Canaries, Elias qui a fait route directe depuis Fortaleza, Daniel qui nous arrive de Jacaré, Alexandre, croisé à Dégrad des cannes…
Nous mettons le bateau à sec dès le lendemain de notre arrivée pour un sablage de la coque. S’en suivent trois couches de primaire et toute une série de travaux (Révision et mise en hivernage du moteur, changement d’arbre d’hélice, contrôle de la tension des haubans etc)… Chaleur..
Après une semaine passée le pinceau à la main, nous nous offrons un week-end de ballade. La cascade de ‘’Blue Basin River’’ mérite que l’on s’y arrête quelques heures. C’est ce que nous ne manquerons pas de faire. Nous poussons ensuite jusqu’à ‘’Blanchisseuse’’ où nous pourrons assister au ‘’Ganga Dhaara River Festival’’, une manière de se purifier dans le Gange pour tous ces hindous loin de chez eux.
Ganga Dhaara River Festival :
Nous poursuivons ensuite jusqu’à Brasso Seco: Paysages de montagnes et de forêts tropicales.. La route est mauvaise et nous ne rencontrerons aucune voiture. Nous finissons notre périple à pied pour atteindre une magnifique cascade. Nous y sommes seuls bien que ce soit le week-end.
Nous quittons Trinidad le 20 juin, travail inachevé, travail rendu impossible par la saison des pluies.




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